Interview de Lia Lammert
Publié le 03/06/2026
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Franco-coréenne, Lia Lammert a suivi une partie de sa scolarité au lycée français de Séoul. Aujourd’hui diplômée d’un Master en physique de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et en préparation d’une thèse en cosmologie observationnelle, elle nous raconte l’apport du réseau AEFE dans son parcours.
Quels bénéfices vous a apporté cette éducation multiculturelle et comment vous a-t-elle aidé dans votre carrière ou votre vie quotidienne ?
Vivre dans plusieurs pays, rencontrer des personnes d’horizons variés, parler plusieurs langues, être dans un milieu culturellement divers : cela me définit aujourd’hui encore. Je me rends compte que la majorité de mes amis proches ont aussi eu des expériences similaires aux miennes. Je pense que cela construit et renforce l’ouverture d’esprit. Je cherche constamment à partir à l’étranger et je me demande si ce n’est pas en partie grâce à cette ouverture acquise dans les lycées français à l'étranger.
Si vous deviez choisir un projet ou une méthode de travail apprise au lycée qui vous a permis de surmonter vos plus grands défis à l'université ou en entreprise, ce serait lequel ?
J’ai eu accès à une éducation de très grande qualité dans un cadre où les enseignants nous connaissent tous personnellement. J’aimais beaucoup m’investir dans la vie de l’établissement : j’ai été déléguée de classe, puis déléguée des délégués. C’est un petit établissement, on était comme une famille – je ne sais pas si j’aurais eu cette opportunité ailleurs. Créer des liens forts avec différentes personnes que j’ai connues au lycée français de Séoul et que j’ai eu l’opportunité de retrouver plus tard dans ma vie, avec qui je partage beaucoup de choses. J’ai eu l’opportunité de comparer le système anglais et français. Même si je pense que je me serais épanouie dans les deux, j’avais un peu perdu ma maîtrise du français et j’étais heureuse de la retrouver.
Le réseau AEFE permettait également d’assurer une continuité de mon éducation en cas de déménagement.
On dit souvent que la communauté des lycées français est une grande famille. Comment ce réseau (amis, profs, anciens) vous a-t-il soutenue dans vos projets ou vos déplacements à l'étranger ?
Au lycée, je me projetais dans une carrière scientifique. Je souhaitais également continuer à évoluer dans un environnement international.
Ce qui m’a le plus aidée à choisir mon université, ce sont les interventions d’anciens élèves du lycée qui revenaient présenter leur parcours. Les écouter raconter de vive voix leur expérience personnelle était très utile. C’est grâce à l’intervention du frère d’un ancien élève que j’ai découvert l’EPFL. J’ai immédiatement eu un coup de foudre pour cette école. À l’époque, il suffisait d’avoir mention très bien au bac pour y être admis. J’étais un peu stressée car c’est une école avec un taux élevé de redoublement en première année. Le redoublement est souvent vu comme un échec dans le système français ; je pense qu’il faut le voir comme une deuxième chance.
Quel est le souvenir le plus marquant ou l'activité extra-scolaire qui vous a fait dire : « Je suis fière d'avoir étudié ici » ?
Au lycée, nous avions de nombreuses occasions de nous investir dans des projets variés. Dans le cadre du concours d’éloquence “Ambassadeurs, Ambassadrices en herbe”, je suis partie à Phnom Penh pour débattre de sujets d’actualité. Le thème de mon année était l’art. J’ai eu l’opportunité de participer à des activités de débat et de découvrir une famille d’accueil, une nouvelle ville et son lycée français. Je suis encore en contact avec des personnes que j'ai rencontrées lors de cet événement – récemment, j’ai revu à Paris une élève du lycée français de Taïwan.
J’ai également eu l'occasion d'aller à Bangkok pour une compétition de football entre les lycées AEFE de la zone Asie-Pacifique. J’étais partie faire un reportage de nos deux équipes. À ce moment-là, je jouais déjà un peu au football, mais on n'était pas assez nombreuses pour monter une équipe féminine. L’année suivante, une amie et moi avons réussi à monter une équipe qui s’entraînait toutes les semaines. Notre équipe a obtenu l’autorisation pour participer au tournois de notre zone ! Malheureusement, c'était l'année du Covid, et le tournois a été annulé. Mais c’était une expérience très enrichissante !
Si vous aviez face à vous des parents qui hésitent encore, quel message leur adresseriez-vous sur l'impact à long terme de ce cursus pour leur enfant ?
Le réseau AEFE permet d’assurer une continuité de l’éducation en cas de déménagement. J’ai eu accès à une éducation de très grande qualité dans un environnement international, qui m’a également beaucoup rapprochée de la France, où je n’ai pourtant pas fait mes études.