Interview de Maïmouna Koné, ancienne élève
Publié le 11/05/2026
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Malienne, Maïmouna Koné a suivi sa scolarité dans le réseau de l'enseignement français à l'étranger dans les lycées français de New Delhi, Moscou et Johannesburg. Après une classe préparatoire à Toulouse, elle est aujourd’hui étudiante à Kedge Business School, elle nous raconte comment le réseau lui a permis de trouver sa voie.
Quels bénéfices vous a apporté cette éducation multiculturelle et comment vous a-t-elle aidé dans votre carrière ou votre vie quotidienne ?
Je parle français, anglais, bambara (langue officielle du Mali) et espagnol. Le bambara est ma langue natale, tout comme le français, que je parle aussi à la maison. En Inde, l’anglais est la langue commune des élèves dans la cour de récréation, car tous sont originaires de pays différents. J’ai donc décidé de renforcer mon apprentissage de l’anglais pour pouvoir participer aux discussions. J’ai aussi suivi une section européenne anglaise au lycée, avec des cours d’histoire-géographie en anglais. J’ai également appris l’espagnol au lycée, ce qui m’a beaucoup aidée en prépa, car les langues sont très importantes aux concours. J’ai aussi des notions d’hindi. Cela m’a permis de tisser des liens avec d’autres étudiants indiens à Kedge !
Si vous deviez choisir un projet ou une méthode de travail apprise au lycée qui vous a permis de surmonter vos plus grands défis à l'université ou en entreprise, ce serait lequel ?
L’avantage du système français, c’est la grande diversité des matières, qui nous donne la possibilité de choisir ce qui nous plaît. Au Mali, je serais probablement allée en filière S. Au lycée français de New Delhi, grâce au système des spécialités du bac, j’ai découvert la géopolitique ! Sur le plan personnel, les effectifs réduits des classes m’ont permis de bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Le proviseur de mon établissement m’a accompagnée tout au long de la procédure Parcoursup. Ma prof de SES de première m’a fait découvrir le système des classes préparatoires. C’est elle qui m’a poussée à candidater en prépa, car elle pensait que j’avais le niveau. C’est en partie grâce à elle que je suis là où je suis aujourd’hui. La prépa est un cursus d’excellence qui n’existe nulle part ailleurs.
L’AEFE est un grand réseau qui n’empêche pas de garder un côté familial.
On dit souvent que la communauté des lycées français est une grande famille. Comment ce réseau (amis, profs, anciens) vous a-t-il soutenu dans vos projets ou vos déplacements à l'étranger ?
Comme je voulais devenir diplomate à l’époque, j’ai aussi assisté à des conférences avec des personnalités travaillant dans des institutions européennes. C’était génial ! Je suis encore en contact avec certains élèves de Pondichéry et nous avons beaucoup de connaissances communes ! Sur les conseils du proviseur de mon lycée, j’ai candidaté en classe préparatoire ECG (économique et commerciale voie générale) à Toulouse, au Lycée Saliège, où j’ai été admise.
Quel est le souvenir le plus marquant ou l'activité extra-scolaire qui vous a fait dire : « Je suis fier(e) d'avoir étudié ici » ?
En classe de première, j’ai participé à un voyage avec ma classe dans le sud de l’Inde, à Pondichéry, pour analyser le résultat des élections présidentielles françaises avec les élèves du lycée français local. Lors de ce voyage, nous avons visité Auroville, une ville expérimentale qui est une véritable expérience sociale : créée dans les années 70, c’est une ville sans distinction de nationalité, de religion ou d’âge. Ce qui compte, c’est ce que chacun peut apporter à la communauté. C’était une expérience inoubliable. J’étais aussi très investie dans la vie de mon lycée. J’ai été déléguée de classe, présidente de la maison des lycéens et représentante des élèves au conseil d’établissement.
Ces activités « extrascolaires » ont pleinement contribué à la richesse de mes années au lycée français de New Delhi.
Si vous aviez face à vous des parents qui hésitent encore, quel message leur adresseriez-vous sur l'impact à long terme de ce cursus pour leur enfant ?
D’oser ! L’AEFE est un grand réseau qui n’empêche pas de garder un côté familial.