Interview de Hugues Aufray


Mis à jour le 24/09/2026

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Ancien élève du Lycée français de Madrid, Hugues Aufray incarne la richesse de l’enseignement français à l’étranger. Cette scolarité cosmopolite a profondément nourri la sensibilité artistique et l’ouverture sur le monde de ce grand nom de la chanson.

Quels bénéfices vous a apporté cette éducation multiculturelle et comment vous a-t-elle aidé dans votre carrière ou votre vie quotidienne ?

« Le hasard et la nécessité » ont fait de moi l’homme que vous avez invité le 30 mai 2026 à parler et chanter au Lycée Français de Madrid pour le 7e forum des lycées français du monde. Le fait d’avoir appris une nouvelle langue, d’avoir découvert les différents folklores régionaux, m’a permis de trouver du travail après mon service militaire. Mon rêve d’être peintre et sculpteur n’a pas pu se réaliser véritablement mais c’est à l’école des Beaux-arts de Madrid que j’ai acheté l’argile pour réaliser mon premier portrait, celui d’une jeune élève, Elena, nièce de l’ancien ministre de la Culture, Salvador de Madariaga.

Si vous deviez choisir un projet ou une méthode de travail apprise au lycée qui vous a permis de surmonter vos plus grands défis dans vos études ou professionnellement, ce serait lequel ?

Je suis un être instinctif. Gaucher contrarié… Je n’étais pas un élève très brillant… notamment en mathématiques et orthographe… Mais c’est monsieur Gagnière, mon professeur de lettres, qui va découvrir mes dons et mes goûts artistiques, peinture, sculpture et musique. Et c’est plus spécialement l’environnement artistique espagnol du Prado que j’ai souvent visité, la découverte de certains peintres, Zuluaga et surtout Sorolla, qui m’ont inspiré.

On dit souvent que la communauté des lycées français est une grande famille. Comment ce réseau (amis, profs, anciens) vous a-t-il soutenu dans vos projets ou vos déplacements à l'étranger ?

Malgré tout, j’ai gardé quelques contacts avec certains amis, élèves du Lycée Français de Madrid : Carlos Laharague, très doué et qui va faire sa carrière de peintre à ma place !  Aurelio Botella, qui va devenir un grand architecte de la haute société, et enfin Armand Bouttier qui deviendra polytechnicien et ingénieur du réseau SNCF.

N’hésitez pas à envoyer vos enfants dans des lycées français à l’étranger. Ils découvriront une autre langue, une autre culture et acquerront des notions de tolérance et d’adaptation culturelle.

Hugues Aufray, ancien élève du Lycée français de Madrid

Quel est le souvenir le plus marquant ou l'activité extra-scolaire qui vous a fait dire : « Je suis fier(e) d'avoir étudié ici » ?

Le sport, sans hésitation. En période d’hiver, nous allions également faire du ski avec les volontaires du collège dans la Sierra, proche de Madrid avec Aurelio Botella dont le père avait été champion d’Espagne. Ces souvenirs de sortie en montagne m’ont beaucoup surpris, je n’imaginais pas de la neige à Madrid. L’entraînement universitaire ensuite et bien sûr toutes les différentes victoires que j’ai remportées aux cours de rencontres nationales, notamment le saut en hauteur et en longueur ainsi que le 4 fois 100 mètres.

Si vous aviez face à vous des parents qui hésitent encore, quel message leur adresseriez-vous sur l'impact à long terme de ce cursus pour leur enfant ?

Je dirais à ces parents : « N’hésitez pas à envoyer vos enfants dans des lycées français à l’étranger. Ils découvriront une autre langue, une autre culture et acquerront des notions de tolérance et d’adaptation culturelle ».